Témoignages


Gérard TERRAZZONI raconte ses cinq SICOB sous la bannière Xerox


Je suis à la retraite, mais j'ai eu la chance de participer en tant que technicien puis ingénieur à l'aventure mécanographique depuis les années 60 (premières machines à plaques aux Allocations Familiales à Paris, puis les premières Trieuses IBM 077, Interclasseuses, tabulatrices 421, Calculateurs IBM 601 et 604, puis les premières Machines IBM 1401, 1410, 360 ICL 1901, 1904 IRIS60 et IRIS 80, les Mini Mitra15 et autres Gamma10).



Puis sur les premiers PC à Led que nous fabriquions le soir avec des copains.
Nous étions nombreux à l'époque à avoir choisi les sociétés d’intérim (rien à voir avec l'intérim d'aujourd'hui) parce que cela nous permettait de travailler le matin sur des IBM puis la nuit avec une autre société d'intérim sur des BULL ou des CII.

Nous avions acquis une somme importante de compétences sur l'ensemble des machines de l'époque et nous étions très recherchés. Mais il faut dire qu'à l'époque le travail ne manquait pas !

Puis j'ai eu l'opportunité de participer à cinq SICOB comme spécialiste micro-informatique au sein du groupe XEROX qui comme vous le savez était le leader de la photocopieuse, mais par contre possédait une division bureautique assez prestigieuse. N'oublions pas que Xerox était l'inventeur du réseau d'entreprise Ethernet.

Mon Directeur Général me convoque un jour dans son bureau au siège de Xerox à la Défense. Je n'étais pas très rassuré, car si nous avions bien avancé sur le plan technique, sur le plan commercial les vendeurs n'étaient pas convaincus.
Il me fait asseoir, m'offre une boisson et me demande un peu gêné, « i[Gérard, à quoi peut vraiment servir cette machine [les PC] je ne vois pas l'utilité]i »…
Il ne se doutait pas que nous étions à l'aube d'en vendre des millions. Il deviendra au départ du PDG Pierre Ranque, le nouveau PDG de Xerox France.

Mais IBM a eu la malencontreuse idée de commercialiser deux photocopieurs IBM1 et IBM2, Xerox pour répondre à cette attaque a créé une division micro-informatique en mettant au point et créant une usine de fabrication à Marcq-en-Baroeul dans le Nord de la France, des micro-ordinateurs Xerox 820 et Xerox 816 en y intégrant tous les protocoles de communications avec ses propres machines bureautiques par l’intermédiaire du réseau Ethernet et la communication avec des gros systèmes via le protocole 3250.
Les premiers SICOB que nous avons faits l'ont été dans des conditions très agressives. Les budgets consacrés aux SICOB étaient fabuleux.
Pour nous le SICOB était une aventure à la fois stressante, fatigante impliquant un cérémonial assez difficile, des scénarios très sophistiqués comme pour un film.
Il y avait deux stands Xerox, un pour les copieurs et un pour la bureautique et la micro-informatique et nous avions tous conscience des enjeux de ces deux géants, IBM et Xerox.
Cet affrontement s'est fait dans le plus grand silence pour les autres et le public mais l'enjeu était important.

Un an et demi après, IBM retirait du marché les copieurs IBM1 et IBM2. La partie était finie.

En me rappelant tous ces souvenirs merveilleux je me souviens d'une chose, c'est qu'aussi bien nos collègues d'IBM que nous Xerox nous étions très fiers de nos entreprises. Et à la fin du SICOB nous faisions la fête aussi avec nos collègues d'IBM, sans aucune rancune.

Ce sont malheureusement des pratiques disparues aujourd'hui.
Par Témoignage de Gérard TERRAZZONI le Dimanche 9 Octobre 2011

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