Témoignages


Jean-Philippe de LESPINAY se souvient de la visite de Alain MADELIN au SICOB...


Alain Madelin, pour nuire à l’Agence Nationale pour la Création d’Entreprises, massacre publiquement un clavier d'ordinateur



Alain MADELIN inaugure le SICOB en 1988
Alain MADELIN inaugure le SICOB en 1988
Que vient faire Madelin dans ce récit relatant mes soucis de créateur d’entreprise ? Eh bien, parce qu'elle révèle par le vécu le manque de sérieux de nos politiciens, notre "élite" portée au pouvoir par des élections "démocratiques", et que ce livre va étudier ce paradoxe de très près dans les chapitres suivants. Je l’ai rencontré deux fois dans le cadre de ma vie professionnelle et j’en ai un souvenir …ému ! C'est tout de même notre « Ministre de l’Industrie », un personnage important choisi par notre Président de la République pour soutenir l’innovation française ! En 1996, encore naïf… je crois qu’un ministre est choisi pour sa compétence et qu’il est sincèrement désireux de faire des réformes intelligentes. Aujourd’hui, j’ai vieilli…

Grâce à ma fracassante entrée dans l’Intelligence Artificielle avec le système expert « Joséphine » de la Banque de Bretagne, j’ai obtenu commande de l’ANCE (l’Agence Nationale pour la Création d’Entreprises). Il s’agit de développer un système expert « conversationnel » d’aide aux créateurs d’entreprises, baptisé « Créatest ». Mon interlocuteur à l'ANCE, celui que je cuisinais pour mettre sa connaissance dans le logiciel, s’appelle Patrick Sybille. Le système expert doit être capable de dialoguer longuement avec le candidat créateur d’entreprise en direct, sans l’aide d’un manipulateur comme c’est le cas pour Joséphine. Créatest est terminé en 1988 et, là encore, c’est une réussite et le client est content. Il se vend 7 500 F (1 100 €). Pour en assurer la promotion, Patrick Sybille a réservé un stand au salon informatique du « Sicob » à la Défense. Il m’invite à le rejoindre pour voir son stand. Pendant que j’y suis en sa compagnie, quelqu’un vient tout excité pour l’informer que le Ministre Alain Madelin va passer sur son stand, avec une cohorte de journalistes. Je suis tout heureux de cette opportunité. Mais M. Sybille, lui, est catastrophé ! « Très mauvais pour nous, me dit-il ! Il veut la mort de l’ANCE, alors il va s’arranger pour que le logiciel plante ! » Je tente de le rassurer en lui disant que notre logiciel fonctionne très bien et que je ne vois comment il pourrait le planter. Mais ça ne le rassure pas… Son inquiétude m'intrigue.

Je vois alors arriver notre Ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme, une grosse pointure entourée d’un aréopage de personnalités froufroutantes et de photographes. Pour moi, en cet instant, c’est encore un homme respectable, un allié même puisque son rôle officiel est de favoriser le développement économique de notre pays. Il ne peut que s’intéresser à cette Intelligence Artificielle révolutionnaire et française qui permet aux ordinateurs de raisonner et de dialoguer avec des candidats à la création d’entreprise. M. Sybille, très calme, lui fait une démonstration. M. Madelin, cassant, le coupe : « Puisque c’est si simple et si intelligent, je peux l’essayer moi-même ? » M. Sybille n’a pas d’autre choix que de s’exécuter… De toute façon, c’est simple : pour faire avancer le dialogue il suffit de sélectionner la réponse choisie avec les flèches du clavier puis de valider avec la touche « Entrée ». Un nourrisson y arriverait. Je suis curieux de voir ce qu’un Ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme va inventer pour vérifier la qualité du logiciel… Il approche ses mains du clavier, sélectionne une réponse, valide et …ça marche ! Il tape alors plus vite, n’importe quoi. Mais ça marche toujours. Alors, énervé, devant tout le monde, il écrase le clavier du plat de la main pour bien enfoncer plusieurs touches à la fois ! Puis il la fait glisser sur l’ensemble du clavier, tel un âne assis sur les touches d’un piano et s’y grattant les fesses. Incrédule, je lui dis : « Pas comme ça, Monsieur ! Il faut sélectionner « Oui » ou « Non » ! ». Mais il continue à écraser le clavier, comme s’il attendait un tilt. Alors, je lui prends la main, je l’ôte du clavier et la pose sur la table à côté… Il se laisse faire sans rien dire. Je lui montre alors comment poursuivre le dialogue. Soudain, il détourne la tête, se redresse et s’en va suivi de sa cohorte, sans un mot. Fuite dérisoire… Maman, est-ce que ça pense un politicien ? Il y a aussi des neurones dans leur crâne ? Non, mon chéri, pas dans leur crâne…

Patrick Sybille avait bien raison de s’attendre à un coup de Jarnac ! Ce ministre est si prévisible et stupide que tout le monde à l’ANCE s’attendait à ce genre de manœuvre déloyale. Et il ne les a pas déçus. Jamais je n’aurais imaginé que quelqu'un d'aussi important puisse se comporter de façon aussi irresponsable et qu’il puisse s’en aller sans une pirouette, un mot d’excuse ou d’humour pour se faire pardonner sa brutalité publique contre un clavier d’ordinateur, dans le « Salon de l'Informatique, de la Communication et de l'Organisation du Bureau » (SICOB)


Ce témoignage est extrait du blog "Les mésaventures d'un inventeur en France : comment devenir ennemi public en faisant le bien public !"
Récit de 24 ans d'agressions de l'Etat contre un inventeur promis à un grand succès. Une mafia gouverne la France, s'opposant au succès de ceux qui risque de faire de l'ombre à son pouvoir... Nous sommes tous victimes d'une corruption inscrite dans la loi.
Vous pouvez consulter le blog de Jean-Philippe de LESPINAY sur http://jpdelespinay.wordpress.com/2012/09/23/1988-alain-madelin-pour-nuire-a-lagence-nationale-pour-la-creation-dentreprises-massacre-publiquement-un-clavier-dordinateur/

Vous pouvez également retrouver des extraits de la visite de Alain MADELIN au SICOB dans la vidéo suivante : http://www.sicob.tv/1988-Journal-du-SICOB_a91.html
Par Philippe NIEUWBOURG le Jeudi 16 Décembre 2010

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