News


Rencontre avec Guy CHENEL




Guy CHENEL
Guy CHENEL
Dans un salon comme le SICOB, il y a les exposants, les visiteurs, les journalistes, les hommes politiques qui se pressent dans les allées, et puis les hommes de l’ombre. Ceux dont le métier consiste à faire en sorte que le jour J, à l’heure H, le spectacle puisse commencer. « Dès les premières minutes d’un salon les affaires commencent sur les stands, tout doit donc être prêt », explique Guy CHENEL.
Ayant pris la succession de son père, le premier installateur du SICOB à la Porte de Versailles, Guy CHENEL a été confronté à la fin des années 50 au déplacement de l’exposition dans l’enceinte d’un CNIT, novateur du point de vue architectural mais qui se révèlera un cauchemar pour ses équipes techniques. Le plan en triangle ne facilite pas l’optimisation des stands par habitude rectangulaires; les immenses verrières durent être occultées pour recréer une ambiance de salon commercial, quand au sol en béton il semblait avoir été achevé dans l’urgence et présentait des imperfections allant jusqu’à 2 cm de hauteur par m2.

Rencontre avec Guy CHENEL
Mais ces contraintes techniques allaient donner l’occasion à Guy CHENEL d’inventer un plancher d’exposition, breveté et encore aujourd’hui utilisé par certains salons. Ce plancher « Chenel » est composé d’éléments standards, qui s’emboitent les uns dans les autres pour créer une surface de plusieurs milliers de m2, certains éléments laissant passer les kilomètres de câbles d’un salon informatique. Mais l’atout de ce parquet réside dans sa flexibilité. Composé de montants en acier rigides d’un côté et souples de l’autre, il s’adapte aux aspérités du sol et reste stable quelque soit l’état du sous-jacent.
Chaque année l’installation du SICOB occupait les équipes de Chenel pendant près de deux semaines. Il fallait alors transporter et installer 3500 tonnes de matériel, dont 2500 tonnes pour les 80 000 m2 de parquet, stockés entre deux salons dans un tunnel proche de la porte de Vanves. Et l’installation se poursuivait par celle des stands des exposants, dont les prestataires ne respectaient parfois pas le travail de mise en place précédent. Et présenter alors des machines mécanographiques de plusieurs centaines de kilos ou les premiers ordinateurs qui frôlaient la tonne, générait des contraintes techniques aujourd’hui oubliées.

A 78 ans, Guy CHENEL se souvient de ces moments intenses comme s’il venait d’achever l’installation de son dernier SICOB. Et ses archives regorgent de photos et de maquettes du SICOB mais également de nombreux autres salons où les procédés Chenel ont été et continuent d’être utilisés.
Il a accepté de participer à notre documentaire afin de raconter sa vision des coulisses de l’histoire technique d’une exposition, et nous prêtera quelques m2 du fameux parquet original, précieusement conservé depuis, foulé par les centaines de milliers de visiteurs des éditions du CNIT afin de le présenter lors de notre exposition. Ces quelques planches retrouveront le temps d’une exposition un CNIT rénové.
Par par Philippe NIEUWBOURG le Mardi 8 Juin 2010

Nouveau commentaire :